Ce jour où mon monde s’est effondré!!!

 

 

La semaine dernière, c’était sa fête. Elle aurait eu 1 an de plus que moi. Chaque année, lorsqu’arrive cette date, je repense à elle. Je me demande ce qu’elle serait devenue, de quoi elle aurait l’air, où est-ce qu’elle habiterait…Une chose est certaine, c’est que si elle avait eu des enfants, elle aurait été une mère extraordinaire.Déjà toute jeune, elle aimait vraiment les enfants. Nous nous entendions vraiment bien la plupart du temps. Sauf ce jour-là.

Nous étions voisines, cousines et meilleures amies. Avec notre autre cousine-voisine, nous formions un trio d’inséparables. C’est ce que j’ai toujours cru et comme tout enfant de 10 ans, je croyais naïvement que ce serait toujours ainsi.

En ce jour fatidique du mois de mai, nous devions (en trio) aller jouer à la balle au mur  à environ 10 minutes de vélo de la maison. (pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas ce sport, disons rapidement que ce doit être l’ancêtre du squash et du racquetball, mais avec une raquette de tennis).

À notre retour de l’école, en sortant de l’autobus, ma cousine J nous donne rendez-vous 15 min plus tard au coin de la rue pour notre départ.

Jusque-là, j’avais vraiment eu le goût et l’intention d’y aller. Mais lorsque ma cousine C chez qui nous étions rendues me dit à tantôt, je fus incapable de dire oui. Ça ne me tentait plus, je n’avais plus le goût d’y aller. S’en suivit une chicane d’enfant du style : T’es plus mon amie dans ce cas là….Ben si c’est comme ça, moi non plus….Ce furent nos dernières paroles…à vie.

Sur le chemin du retour, C s’est retrouvé avec une voiture, qui en reculant (et ne l’avait pas vu), lui barrait la route. Pour éviter de percuter  le coffre de cette dernière, elle dévia de sa voie pour aller dans celle à contresens. Une autre voiture arrivait  et la frappa de plein fouet . Elle fut projetée dans les airs et retomba sur la tête. En ces temps anciens, les casques protecteurs pour faire du vélo n’existaient pas. Est-ce que ça l’aurait sauvée, je ne sais pas.

En   état de mort cérébrale depuis l’accident,elle est décédée 2 jours plus tard, après qu’on ait pu faire don de plusieurs organes, dont de magnifiques grands yeux bleus . J’ai longtemps imaginé qu’un jour, je croiserais la personne qui avait ses yeux et que je les reconnaîtrais. Ce n’est pas encore arrivé.

Ce jour-là, mon monde s’est écroulé. Je savais que la mort existait, mais c’était pour les gens que je ne connaissais pas, les vieux et les gens très malades. Je n’avais jamais pensé que ça pouvait arriver quand on avait seulement 10 ans et qu’on était en parfaite santé la seconde d’avant.

Pas besoin de vous dire que j’ai repassé le  dernier moment passé ensemble un nombre incalculable de fois. J’aurais dû y aller…si j’étais allée avec elles peut-être que…et tout ce que vous pouvez imaginer.

Avec le recul, je crois bien que j’ai fait un choc nerveux dans les jours qui ont suivi. J’étais incapable de dormir. On a dû se résoudre à me donner des pilules pour dormir. J’étais littéralement terrorisée. J’étais convaincue que C reviendrait me faire peur la nuit étant donné que nous n’étions pas en très bon terme lors de ce qui allait devenir notre dernière discussion. On aurait dit que je tremblais de l’intérieur.

Il a fallu qu’une de mes tantes (religieuse) en qui j’avais toute confiance pour ces choses de l’au-delà, m’explique qu’elle ne croyait pas un instant que C revienne me faire peur. Nous nous sommes rappelées à quel point elle était gentille, douce et surtout pas du tout rancunière. Au bout d’un moment, j’ai réalisé qu’elle avait raison et j’ai commencé à être plus calme.

Cependant, durant de longues années après sa mort tragique, on peut dire que j’avais développé une phobie de la mort. La mienne et aussi celle des autres. Lorsqu’il y avait de la mortalité dans la famille proche, j’en avais pour plusieurs jours d’insomnie et de cauchemars.

Jusqu’au jour où, rendue dans la vingtaine, j’ai accompagné, ma grand-mère dans son long combat contre un cancer. La nuit où elle est décédée, je n’étais pas là. Je suis arrivée peu de temps après. Cette fois, je n’avais plus peur. En entrant dans la chambre, c’était calme, serin. Deux  mots me sont venus à l’esprit : paix et délivrance. J’ai compris ce jour-là que la mort peut aussi faire autant de bien que de mal en même temps.

Ne vous y trompez pas, je ne suis pas encore super à l’aise avec la mort. Mais si on regarde le chemin parcouru, du jour où j’étais même incapable de prononcer le mot mort ,de peur que celle-ci ne survienne dans les minutes suivantes, il y a de l’amélioration. Ce n’est plus pour moi une phobie par contre, ce ne sera jamais mon sujet préféré non plus.

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L’anxiété, mon père et moi!

Mon père aura bientôt 80 bougies sur son gâteau d’anniversaire. À le voir, on croirait qu’il en a 10 de moins. Tout le monde s’entend pour dire qu’il est  très en forme pour son âge. Pour un œil extérieur, il dégage un calme olympien, un état de » zenitude » que l’on pourrait lui envier.

Cependant, il souffre tout comme moi d’anxiété. Son diagnostic date d’environ une quinzaine d’années.Pas facile d’accepter ce diagnostic quand on est un homme. Encore moins quand on a été élevé à une époque où un homme ça ne pleure pas, ça ne montre pas ses émotions. Un homme c’est fait fort! Quand comme lui on est le 8e d’une famille de 16, il n’y a pas beaucoup de  place pour l’écoute, l’empathie et surtout les émotions associée à la peur.

Pourtant, ces 16 enfants ne sont pas tous anxieux. Ce qui veut dire aussi que les gênes, notre caractère et nos expériences de vie ont une influence sur le fait de développer de l’anxiété ou pas (c’est ce que j’ai lu plusieurs fois dans mes recherches et lectures).

Du côté des expériences de vie, disons que le fait d’être hospitalisé durant une année entière parce qu’il avait contracté la tuberculose n’a surement pas aidé. Surtout qu’à cette époque, les gens mourraient de la tuberculose. Les patients comme mon père ne savaient pas s’ils allaient survivre. On faisait avec eux des tentatives expérimentales afin de pouvoir les guérir. Assez anxiogène comme expérience.

Depuis que j’ai moi aussi un diagnostic de trouble anxieux, nous avons eu quelques discussions sur son vécu. Des choses que j’ignorais de lui. Il fut un temps où il a fait des crises de paniques, ou le fait de s’éloigner ne serait-ce qu’un peu de la maison l’angoissait au plus haut point. Il n’en avait parlé personne avant moi (peut-être à ma mère, mais je crois que non).

Je me rappelle aussi que quand j’étais plus jeune, il a eu une petite compagnie en plus de son travail le jour à temps plein. Puis un jour, il a dû arrêter et liquider sa compagnie, car il était malade. Ce n’est pas lui qui nous en parlait. Non ,c’était ma mère. Elle disait qu’il était très fatigué. Aujourd’hui je peux me risquer à dire que c’était  un épuisement professionnel. Il a quand même continué à travailler le jour. Probablement qu’il ne pouvait pas non plus se permettre d’arrêter de travailler. Il est de cette époque où les hommes étaient pourvoyeurs et les femmes travaillaient à la maison.

Le jour où le médecin lui a dit qu’il ne pourrait pas arrêter sa médication pour l’anxiété, je crois qu’il aurait vraiment mieux aimé apprendre qu’il avait une vraie maladie. La maladie mentale a longtemps et est encore souvent vu comme une maladie que l’on pourrait contrôler si on y mettait un peu les efforts.

Donc en çette  fête des Pères, je lui souhaite, à lui et à tous les pères qui doivent apprendre à vivre avec la maladie mentale, d’arriver enfin à l’accepter. À ne pas se sentir faibles et dévalorisés. Je vous  souhaite aussi d’arriver à en parler avec vos proches, de ne pas essayer de tout faire seul, (car un homme, ça doit être fort).Je fais aussi le même souhait qu’à la fête des Mères : parlez-en avec vos enfants, ne les laissez pas tenter de deviner ce qui ne va pas et se faire plein de scénarios. Pour ma part, si j’avais su plus jeune (style dans mon adolescence , que mon père était anxieux, j’aurais compris beaucoup plus facilement certains de ses comportements. Dans ce temps-là (je me sens vieille) on ne parlait pas de ces choses-là.

J’avoue que depuis que je sais que je souffre moi aussi d’anxiété, mon regard sur lui a beaucoup changé. Je veux lui dire qu’il a toute mon admiration, d’être passé à travers les hauts et les bas de la vie, avec l’anxiété qui le rongeait. En fait je sais qu’il se croit plus faible pour ça, mais finalement, il est bien plus fort qu’il ne le croit.

Bonne fête des Pères !!!!

 

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Un petit cadeau qui m’est bien utile!!!

Ça fait longtemps que je voulais me faire une sorte de mémo ou un petit encadré  style signet avec des questions utiles issues de la thérapie cognitivo comportementale.

Les voici! Il sont enfin terminés.

Pour ceux que ça intéresse,ils sont à vous!

P.S Soyez indulgents pour le graphisme,je suis encore loin d’être une pro!!

Mes signets pour mieux relativiser

Bonne pratique!!!

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Ma découverte (presque) ésotérique!!!

C’est assise sur un rocher au bord du fleuve St-Laurent que j’ai vraiment pris conscience à quel point j’aime l’eau. En fait j’adore l’eau. L’admirer, l’écouter,  la regarder, y nager, tout ce qui tout a trait à l’eau, me calme, m’apaise, me plonge dans un état de calme instantanément. À tel point que ce jour -là, j’ai failli me faire prendre par la marée montante tellement j’étais absorbée, dans ma bulle. J’aurais pu y passer des heures.

Sur le bord de l’eau, je perds carrément la notion du temps. Jeune, je profitais de chaque opportunité pour aller me baigner. Que l’eau soit glaciale ou pas, rien ne m’empêchait d’y plonger. Encore aujourd’hui, si je suis sur le bord d’un cours d’eau, je dois me tremper au moins les orteils. L’an dernier, au Lac st-jean, j’étais la seule adulte à se baigner, car l’eau était trop froide. Je résiste encore difficilement à la tentation de sauter dans les flaques d’eau et de faire des petits chemins dans les rigoles avec mes bottes de pluie.

Donc, suite à mes réflexions, je me suis dit : c’est donc que l’eau est un élément majeur de ma recette anti anxiété (voir mon texte précédent : « Trouver sa recette, rien de magique»).

On dirait que la proximité de l’eau envoie carrément des ondes paralysantes à mon hamster. Il devient ainsi beaucoup plus facile de le faire taire, de l’arrêter. Le son de l’eau aussi m’apaise énormément, le bruit de la pluie qui tombe en été.

De fil en aiguille, j’ai suivi cette piste dans mes réflexions. Elles m’ont mené à un mot qui résume ce qui me fait du bien : CONTEMPLATION. Je suis contemplative et je l’ai toujours été finalement. C’est seulement que maintenant j’ose l’avouer. Dans un monde où tout va tellement vite, c’est comme un peu tabou d’avouer que l’on aime prendre le temps de ne rien faire, de contempler (remarquez qu’avec ce blogue, je ne suis plus à un tabou près : l’anxiété, la folie, l’hystérie, la maladie mentale et maintenant….la contemplation! Ouf!!!) C’est pour moi un des seuls moments où le flot ininterrompu de mes pensées ralentit. Comme si mon mental se connectait avec ce qui m’entoure et que mon cerveau se mettait enfin en mode ralenti. (Bon voilà pour la section ésotérique de cet article!!!)

C’est à la mode de parler de méditation et de pleine conscience, mais moi, ma façon de méditer, c’est de contempler (j’aurais pu utiliser le verbe regarder, ça fait moins pompeux, mais contempler est beaucoup plus précis. On peut regarder et penser à son souper, tandis que contempler implique d’être présent à ce qui se passe, à ce que l’on regarde.) Bon bien sûr, il faut avoir un petit coin de paysage au minimum, mais parfois, simplement prendre le temps de s’arrêter et de regarder le vent dans les arbres, la lumière du soleil qui change selon le moment. Les nuages( j’adore aussi les nuages), prendre le temps de les regarder défiler.

En fait, j’ai réalisé que tous ces plaisirs d’aujourd’hui sont mes plaisirs d’enfance retrouvés. Enfant, j’avais toujours le temps, pour regarder les nuages, la pluie, me tremper dans l’eau, jouer dans les rigoles.

Je sais que le temps nous manque. Je crois cependant que l’on gagnerait sûrement à retrouver un peu plus souvent nos petits plaisirs d’enfants. Comme anxieuse, j’ai extrêmement de difficulté à vivre pleinement le (fameux) moment présent. J’ai donc l’intention de profiter de l’été qui arrive pour le vivre pleinement à travers ses moments de contemplation, qui je l’espère seront nombreux et magnifiques. C’est ce que je vous souhaite aussi à tous.

N.B  Ce texte a été écrit devant une vue à couper le souffle sur le fleuve saint Laurent, que j’ai contemplé à ma guise. Cette vue, c’est celle qui a bercé mon enfance et j’y suis revenu depuis quelques années. Je peux donc m’adonner à la contemplation régulièrement. Que ce soit la magnifique pleine lune des derniers soirs où comme ce matin les rayons du soleil qui miroitent dans le fleuve houleux. Je sais que j’ai une chance inouïe et je remercie la vie chaque jour.

P.S Ce texte peut vous sembler un brin ésotérique. Il faut croire qu’à force de contemplation cette fin de semaine je suis trop zen. J’en profite, c’est rarement le cas

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Se lancer, s’exposer, oser …avec l’anxiété!

Il y a un peu plus de  trois  mois déjà, je me lançais dans le vide. J’appuyais sur publier pour ainsi mettre en ligne mon blogue sur l’anxiété, mon anxiété en particulier. Le processus a été long. J’ai commencé à écrire mes textes sans savoir si j’allais un jour les publier. Simplement parce qu’écrire ces épisodes de ma vie me permettait de m’en libérer, de dédramatiser. Je ne sais combien de fois j’ai changé de thème, de couleurs, de nom et quoi d’autre encore.

En tant qu’anxieuse qui se respecte, j’oscillais entre un état de semi-terreur et celui d’euphorie. J’avais comme d’habitude la vague impression qu’il allait se produire quelque chose (mais quoi???) lorsque j’appuierais sur PUBLIER.

Je ne sais pas pour vous, mais mes craintes (souvent non fondées) arrivent souvent comme un brouillard. C’est diffus. Je ne sais pas exactement de quoi j’ai peur, mais j’ai peur. J’arrive difficilement à me défaire de cette impression.

Avec le temps, l’expérience, la médication et la thérapie (cognitivo comportementale), je suis capable de relativiser, dédramatiser.

Je me demande:

  • Quelle est la pire chose qui puisse arriver si je publie des tranches de ma vie?

 Dans ce cas, la réponse fut:

  • Les gens qui ne savaient pas vont savoir que j’ai un trouble anxieux.

  • Certains vont dire: je savais bien qu’elle était folle!

  • Il y a aura des gens qui vont me juger après avoir lu mes articles ou me regarder d’un drôle d’air.

  • Il y aura sûrement des commentaires pas très encourageants

Après cette étape, je me dis:

  • Est-ce si grave?

  • Puis-je en mourir?
  •  Dans un mois, 1 an, dans 10 ans est-ce que ça m’aura traumatisé?
  •  Quelle sera l’incidence réelle si ces craintes se réalisent ?

 Dans ce cas, finalement, il y aura toujours des gens pour juger les autres et je n’en mourrai pas. Je ne serai pas non plus traumatisée (je serai ébranlée, je me questionnerai et j’essaierai de relativiser) si on me critique. Je sais que je ne peux pas plaire à tout le monde (je le sais oui, mais entre savoir et vivre ….).

Ce processus, je l’ai appris dans la thérapie. Je le faisais parfois instinctivement, mais en période d’anxiété, on oublie de le faire et les vieux réflexes reprennent vite le dessus.

Alors la prochaine fois que vous aurez des craintes et des hésitations avant de faire quelque chose d’important pour vous, posez-vous ces questions (celles qui précèdent).

Obligez-vous à écrire questions et réponses. Ça  force  à réfléchir plus profondément et aussi, vous pourrez y revenir si vos craintes reprennent momentanément le dessus.

Surtout, je vous dirais osez ! Les conséquences  sont rarement aussi dramatique que l’on se l’imagine.

Si vous êtes trop anxieux et n’arrivez même plus à réfléchir,il faut en parler ou  consulter (on n’y arrive pas tout seul lorsque l’anxiété nous étouffe) et si ce n’est pas fait inscrivez-vous à une  thérapie (cognitivo comportementale). J’étais vraiment réticente et j’y ai fait des découvertes et des prises de conscience qui ont changé ma vie. Il y a des situations où l’on a vraiment besoin de plus de support pour être capable de contrôler ne serait-ce qu’au minimum notre anxiété. Car en tant qu’anxieux, je l’ai déjà dit dans mon article : Comme un nœud dans la gorge, nous sommes souvent notre pire ennemi et il faut se battre contre soi pour prendre le dessus sur l’anxiété.

Merci énormément de me suivre dans ma folie!!!

 

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